Marcher en Islande, c’est accepter qu’un itinéraire annoncé facile puisse devenir exigeant en quelques minutes à cause du vent, de la pluie ou d’un passage boueux. Je propose ici une approche concrète de la randonnée en Islande, avec les meilleurs itinéraires, la bonne saison, l’équipement indispensable et les précautions qui permettent de profiter des paysages sans transformer le séjour en épreuve physique.
Les repères essentiels pour préparer une randonnée islandaise
- La période la plus simple s’étend généralement de juin à août, surtout pour les treks de plusieurs jours.
- Le Laugavegur couvre environ 55 km et demande habituellement 4 à 6 jours.
- La météo change très vite : veste imperméable, gants et couche chaude restent nécessaires même en été.
- Les glaciers se visitent avec un guide qualifié, jamais en autonomie.
- Le rythme compte davantage que la performance : 10 à 15 km par jour suffisent pour un trek agréable et raisonnable.

Pourquoi l’Islande se découvre si bien à pied
À pied, je trouve que l’Islande révèle mieux ses contrastes. En quelques heures, on peut passer d’un champ de lave noire à une vallée verte, longer une cascade puis atteindre un col couvert de neige. La marche permet aussi de s’éloigner des parkings très fréquentés et de retrouver une forme de silence que les circuits en voiture ne donnent pas toujours.
Le pays convient à plusieurs profils. On y trouve des balades de 30 minutes à 3 heures autour de Reykjavik, des excursions à la journée dans les parcs nationaux et de véritables treks de plusieurs jours dans les hautes terres. Cette diversité est précieuse pour les seniors ou pour les marcheurs qui souhaitent alterner journées actives et pauses culturelles.
Il faut cependant oublier l’idée d’un sentier toujours bien aménagé. Certains parcours comportent des pierriers, des passerelles étroites, des zones sans réseau téléphonique ou des rivières à traverser. Ce n’est pas la difficulté technique qui surprend le plus, mais l’isolement et la rapidité des changements météorologiques.
Les itinéraires à choisir selon son niveau
Je conseille de choisir le parcours avant de choisir l’hébergement. En Islande, les distances sur la carte ne disent pas tout. Le vent, le relief et l’état du sol peuvent facilement ajouter une à deux heures à une randonnée annoncée courte.
| Itinéraire | Durée indicative | Niveau | Pourquoi le choisir |
|---|---|---|---|
| Reykjadalur | 3 à 4 heures | Facile à modéré | Une vallée géothermique proche de Hveragerði, avec une rivière chaude à l’arrivée. |
| Skaftafell et Svartifoss | 2 à 5 heures | Facile à modéré | Des sentiers balisés, des cascades et de beaux points de vue dans le parc national du Vatnajökull. |
| Landmannalaugar | Quelques heures à plusieurs jours | Modéré | Des montagnes de rhyolite colorées, des champs de lave et de nombreuses boucles à adapter. |
| Fimmvörðuháls | 1 à 2 jours | Difficile | Un itinéraire spectaculaire entre Skógar et Þórsmörk, avec dénivelé et conditions parfois hivernales. |
| Laugavegur | 4 à 6 jours | Modéré à difficile | Le grand trek islandais, long d’environ 55 km, entre Landmannalaugar et Þórsmörk. |
Pour une première expérience
Pour une première marche, je privilégierais Skaftafell, Reykjadalur ou une boucle à Landmannalaugar. Ces secteurs permettent de goûter aux paysages islandais sans porter plusieurs jours de nourriture et de vêtements. Ils offrent aussi davantage de solutions de repli si la météo se dégrade.
Le Laugavegur est magnifique, mais il ne faut pas le choisir uniquement parce qu’il apparaît dans toutes les photos de voyage. Les étapes peuvent durer 5 à 8 heures, les refuges sont limités et les traversées de rivières exigent de rester attentif. Une version plus confortable consiste à dormir en refuge ou en hébergement fixe, puis à effectuer des randonnées à la journée.
Pour un trek plus engagé
Fimmvörðuháls et le Laugavegur demandent une bonne endurance, un sac correctement ajusté et une vraie capacité à modifier son programme. Pour les personnes expérimentées, le plaisir vient justement de cette immersion. Pour les autres, je recommande un accompagnateur local ou un itinéraire plus court, surtout en dehors du cœur de l’été.
Les secteurs glaciaires méritent une distinction claire. Une promenade devant un glacier est accessible avec prudence, mais marcher sur la glace ou entrer dans une grotte glaciaire nécessite un guide. Les crevasses, les chutes de pierres et les variations rapides du front glaciaire ne sont pas visibles par un simple visiteur.
Quelle saison choisir pour marcher en Islande
La période de juin à août est la plus pratique pour les treks itinérants. Les journées sont très longues, les refuges fonctionnent généralement et certains accès aux hautes terres deviennent possibles. Cela ne signifie pas que le temps sera stable. Même en juillet, je prévois toujours une tenue chaude et imperméable.
- Juin à août : meilleur compromis pour les longs treks, mais fréquentation plus élevée et réservations indispensables.
- Mai et septembre : ambiance plus calme, tarifs parfois plus intéressants, mais neige, boue ou routes fermées encore possibles.
- Octobre à avril : journées courtes, vent, neige et risques d’avalanches dans certaines zones. Les balades faciles près des villes restent envisageables, avec vérification quotidienne des conditions.
Le vent est souvent plus gênant que la pluie. Une rafale de face peut ralentir fortement la marche et rendre instable un terrain pourtant peu pentu. Je garde donc toujours une journée de marge dans un séjour de plusieurs jours, car un itinéraire islandais ne doit jamais être planifié au kilomètre près.
Avant chaque départ, je consulte la météo locale, l’état des routes et les éventuelles alertes de Safetravel. Les conditions peuvent évoluer entre le petit-déjeuner et l’après-midi. Une randonnée annoncée ouverte la veille peut devenir déconseillée le jour même.
Quel équipement emporter sans alourdir le sac
Le bon équipement n’a rien de luxueux. Il sert surtout à rester au sec, à conserver sa chaleur et à garder une marge de sécurité lorsque la visibilité baisse. Je préfère trois couches simples et efficaces à une grande quantité de vêtements mal adaptés.
- Chaussures de randonnée montantes, déjà portées et dotées d’une semelle accrocheuse.
- Veste et pantalon imperméables, indispensables contre la pluie horizontale et les embruns.
- Couche chaude, bonnet et gants, même entre juin et août.
- Deux paires de chaussettes de rechange et un sac étanche pour les affaires sensibles.
- Carte hors ligne, GPS ou téléphone chargé avec une batterie externe.
- Eau, repas énergétiques et réserve suffisante pour une journée plus longue que prévu.
- Bâtons de marche, particulièrement utiles dans les descentes, les passages boueux et les traversées de gué.
- Petite trousse de secours, couverture de survie et lampe frontale pour les itinéraires longs.
Les bâtons sont parfois considérés comme accessoires. À mes yeux, ils font une vraie différence pour les genoux et l’équilibre, notamment lorsque le sol est recouvert de cendres volcaniques ou de pierres instables. Ils permettent aussi de tester la profondeur d’une zone humide avant d’y poser le pied.
Il faut éviter le sac trop lourd. Pour une sortie à la journée, un sac de 6 à 9 kg est généralement plus agréable qu’un équipement surchargé. Pour un trek de plusieurs jours, je répartis le matériel avec le groupe et je privilégie les aliments compacts, plutôt que des conserves ou des objets dont l’usage reste hypothétique.
Les règles de sécurité qui changent vraiment l’expérience
La première règle est simple, mais souvent négligée. Je laisse mon itinéraire, mon heure de retour prévue et les coordonnées de mon hébergement à une personne de confiance. Si le programme change, cette personne doit le savoir.
Sur les parcours isolés, il faut télécharger les cartes avant de partir. Le réseau peut disparaître sans prévenir et les balises ne sont pas toujours visibles dans le brouillard. Le numéro d’urgence islandais est le 112, mais il ne remplace pas une préparation sérieuse.
Traverser une rivière sans prendre de risque inutile
Certains treks comportent des passages à gué. Je ne traverse jamais une rivière si le courant est puissant, si l’eau monte rapidement ou si je ne peux pas repérer une sortie sûre sur l’autre rive. Il vaut mieux attendre, contourner ou renoncer que perdre l’équilibre dans une eau froide et rapide.
On retire les chaussures seulement si cela est nécessaire, on desserre les sangles du sac et on avance avec des bâtons. Les traversées sont souvent plus faciles le matin, lorsque la fonte glaciaire a moins augmenté le débit, mais cette règle ne dispense pas de vérifier la situation sur place.
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Respecter les fermetures et les zones fragiles
Les mousses, les champs de lave et les abords des sources chaudes sont particulièrement vulnérables. Je reste sur les sentiers balisés, même si un détour semble offrir une meilleure photo. Il ne faut pas s’approcher d’une source dont la température n’est pas clairement indiquée ni franchir une clôture pour atteindre un point de vue.
France Diplomatie rappelle également que les hautes terres demandent une vigilance renforcée, notamment à cause du climat, des routes et de l’isolement. Pour moi, cela signifie une chose concrète ne pas partir seul sur un itinéraire engagé sans expérience locale.
Comment organiser un séjour agréable à tout âge
Un bon séjour de randonnée ne consiste pas à marcher tous les jours. Pour un voyage d’une semaine, je trouve plus équilibré de prévoir trois ou quatre vraies journées de marche, entrecoupées de journées plus souples consacrées aux villages, aux bains géothermiques ou aux paysages accessibles en voiture.
Pour les seniors, je conseille de privilégier les hébergements fixes et les sorties en étoile. Cette organisation évite de porter un sac lourd chaque matin et permet d’adapter la distance à la forme du jour. Une randonnée de 8 km avec du vent peut être plus fatigante qu’une marche de 14 km par temps calme.
Les bâtons, les pauses régulières et un départ matinal améliorent nettement le confort. Je prévois une pause toutes les 60 à 90 minutes, même lorsque le groupe se sent bien. En Islande, la fatigue arrive parfois tard, surtout quand l’attention est mobilisée par le terrain.
Pour le budget, les éléments les plus variables sont le transport, l’hébergement et les transferts vers les hautes terres. Les refuges des itinéraires connus doivent souvent être réservés plusieurs mois à l’avance. Une formule guidée coûte davantage, mais elle peut devenir rentable si elle évite la location d’un véhicule adapté, les erreurs d’itinéraire et les transferts complexes.
Le bon réflexe avant de mettre le premier pied sur le sentier
Je recommande de préparer deux versions du programme. La première correspond à l’itinéraire rêvé, la seconde à une météo médiocre. Cette simple précaution évite de transformer une journée de pluie et de vent en échec, car l’Islande offre presque toujours une alternative plus courte ou plus abritée.
Pour résumer mon approche, je choisirais un parcours adapté à sa condition physique, je limiterais les étapes à 10 à 15 km par jour, je vérifierais les conditions le matin même et je garderais une marge de temps. La meilleure randonnée islandaise n’est pas celle qui impressionne le plus sur une carte, mais celle dont on revient avec l’envie de marcher encore le lendemain.